Une association d'écologistes taiwanais a recemment diffusé un petit film anti-nucléaire débutant avec une femme nue montrée de dos, sur lequel sont inscrits les quatre idéogrammes chinois signifiant "plutôt nue que nucléaire", pour tenter d'attirer l'attention d'un autre public que ses sympathisants."Notre but est d'attirer l'attention des gens qui d'habitude sont indifférents à la protection de l'environnement", a expliqué Ho Tsung-hsun, secrétaire général de l'association taiwanaise No Nuke Union (Union contre le Nucléaire). La mission est donc plutôt réussie...
L'Academia Sinica a récemment déclaré que tant que les technologies permettant de produire de l'énergie renouvelable ne seront pas au point, Taiwan continuera de dépendre du nucléaire. Ce qui relancerait la prochaine reprise des travaux de sa quatrième centrale nucléaire, pour le moment gelés par le parti au pouvoir.
Pourtant au cours d'une rencontre sur la protection de l'environnement, organisée par plusieurs associations de défense de la nature et de la vie sauvage, le président Chen Shui-bian a réaffirmé en avril 2004 son engagement à développer Taiwan en une île verte de haute technologie, sans l'aide du nucléaire. En 2002, une loi avait même été adopté en ce sens.
Selon la compagnie Taipower, la production électrique de Taiwan est aujourd'hui assurée à 74,5% par des centrales thermiques, à 21,5% par ses trois centrales nucléaires en activité et à 3,9% par des usines hydroélectriques.
Une quatrième centrale nucléaire est en construction. Le projet avait été suspendu en 2000 après l'élection de Chen Shui-bian à la tête de l'Etat, celui-ci ayant fait la promesse de bannir cette forme d'énergie. Mais les houleux débats qui s'ensuivirent au Yuan législatif et dans la société civile contraignirent le gouvernement à revenir sur sa décision, et la construction de ce qui sera, de l'accord de tous, la dernière centrale nucléaire de Taiwan, a repris.
Ce film est également disponible sur le site de l'association [ Taiwan Environmental Protection Union ].

